Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/207

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ange — dit Oustenka en invitant les hôtes à se mettre à table.

Dans le groupe des jeunes filles qui toutes, sans exception étaient jolies, Olénine remarqua Marianka, et il se sentait gêné et ennuyé de se rencontrer avec elle dans un tel milieu banal et incorrect. Il se sentait sot et gauche et décida de faire ce que ferait Bieletzkï.

Celui-ci, avec une certaine solennité et beaucoup d’assurance, s’approcha de la table, but un verre de vin à la santé d’Oustenka et invita les hôtes à faire la même chose.

Oustenka déclara que les jeunes filles ne boivent pas.

— Avec du miel, on pourrait — dit une voix dans le groupe des jeunes filles.

On appela le brosseur qui arrivait de la boutique avec le miel et le dessert. Celui-ci, tantôt avec envie, tantôt avec mépris, regarda à la dérobée le maître, qui, selon lui, faisait la noce, et donna avec soin et précaution le rayon de miel et le pain d’épices enveloppés dans du papier gris, puis commença à se répandre sur le prix et sur l’appoint.

Mais Bieletzkï le chassa. En mêlant du miel dans un verre de vin, et en jetant avec aisance trois livres de pain d’épices sur la table, Bieletzkï par force, poussa les jeunes filles de leur coin, les attabla et commença à partager le pain d’épices.