Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/206

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— Comme tu voudras.

— Pour tout l’argent ? — demanda gravement le vieux soldat. — À la menthe, c’est plus cher ; on l’a vendu seize kopeks la livre.

— Pour tout l’argent, pour tout — dit Olénine et il s’assit près de la fenêtre, s’étonnant lui-même de ce que son cœur battit si fort comme s’il se préparait à accomplir un acte important et mauvais.

Il entendit, comment tout d’un coup, dans la cabane où étaient les jeunes filles, s’élevaient du bruit et des cris, quand y entra Bieletzkï, et quelques minutes après, il vit avec quel tapage et quels éclats de rire il sortit de là et accourut par le petit escalier.

— On m’a chassé ! — fit-il.

Dans un moment, Oustenka entra dans la cabane et invita solennellement les hôtes, en annonçant que tout était prêt.

En effet, quand ils pénétrèrent dans la cabane, tout était prêt et Oustenka arrangeait les coussins le long du mur. Sur la table, couverte d’une serviette très petite, se trouvaient une carafe de vin et du poisson séché. La cabane était remplie de l’odeur de la pâte et du raisin. Six jeunes filles, en habits élégants, non enveloppées de châles comme à l’ordinaire, se serraient dans un coin derrière le poêle, chuchotaient et pouffaient de rire.

— Nous vous prions de faire les honneurs à mon