Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/247

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


— Oh ! comment à l’époque du travail, aller chercher des lièvres ! Venez plutôt nous aider, vous feriez mieux de travailler avec les filles — dit gaîment la vieille. — Eh bien, les filles ! levez-vous ! cria-t-elle.

Marianka et Oustenka chuchotaient sous la charrette et avaient peine à retenir leur rire.

Depuis que les propriétaires avaient appris qu’Olénine avait fait cadeau à Loukachka d’un cheval de cinquante pièces, ils étaient devenus beaucoup plus aimables, surtout le khorounjï. Il semblait même voir avec plaisir le rapprochement d’Olénine avec sa fille.

— Mais je ne sais pas travailler, — dit Olénine, en faisant effort pour ne pas regarder à travers les branches vertes sous la charrette, où il avait aperçu la chemise bleue et le châle rouge de Marianka.

— Viens, je te donnerai des abricots, — fit la vieille.

— C’est une bêtise de la vieille, selon l’ancienne coutume hospitalière des Cosaques, — objecta le khorounjï pour expliquer et corriger les paroles de la vieille. — Je pense qu’en Russie, vous avez mangé à satiété, non seulement des abricots, mais des confitures et des conserves d’ananas.

— Alors, dans le jardin abandonné, il y en a ? — demanda Olénine. — Bon, j’irai. Et en jetant un regard rapide à travers les branches vertes, il sou-