Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/267

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— Et c’est aussi ce que je dis : toi, Loukachka, ne te dérange pas. Bah ! c’est connu, un jeune homme doit s’amuser, mais il y a temps pour tout. Voilà, il a volé, il a tué un Abrek, c’est bien, bravo ! Mais après cela, il faudrait rester tranquille. Mais non, comme ça, c’est tout à fait mal.

— Oui, je l’ai vu deux fois au détachement, il se conduit mal. Il a vendu encore son cheval — dit Olénine. Et il se tourna vers le poêle.

Les grands yeux noirs brillaient sur lui sévèrement, sans aucune douceur. Il eut honte de ce qu’il venait de dire.

— Quoi ! Il ne fait de mal à personne — prononça tout à coup Marianka. — Il s’amuse avec son argent. Puis abaissant les jambes, elle sauta du poêle et sortit en frappant violemment la porte.

Olénine la suivit des yeux dans la cabane, ensuite il regarda la porte, il écouta, sans rien comprendre, ce que lui disait la vieille Oulita. Bientôt-après entrèrent des visiteurs : un vieillard, le frère de la vieille Oulita, avec l’oncle Erochka, et derrière eux Marianka et Oustenka.

— Bonjour, tout le monde, — cria Oustenka. — Tu t’amuses toujours ? — demanda-t-elle à Olénine.

— Oui, je m’amuse — répondit-il ; et il se sentit honteux et gêné.

Il voulait s’en aller et ne le pouvait pas. Se taire lui semblait aussi impossible. Le vieux le tira d’embarras. Il demanda à boire et ils burent.