Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/282

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Nazarka s’approchèrent des deux cabanes qui étaient à côté.

— Voilà, mon frère, nous sommes arrivés ! Viens plus vite ! — cria Loukachka à son camarade en descendant près de la cour voisine et en conduisant soigneusement son cheval par la haie de sa cour. — Bonjour Stepka ! fit-il à la muette, qui, elle aussi, vêtue d’habits de fête, venait dans la cour pour prendre le cheval. Il lui signifia qu’elle eût à donner du foin au cheval, mais de ne pas le desseller.

La muette hurlait, tapait des lèvres en montrant le cheval et l’embrassait sur le nez. Cela signifiait qu’elle aimait le cheval et qu’il était très beau.

— Bonjour mère ! Quoi, n’es-tu pas encore sortie dans la rue ? — cria Loukachka en soulevant son fusil et gravissant le perron.

Sa mère lui ouvrit la porte.

— Ah ! je ne t’attendais pas — fit la vieille. — Kirka a dit que tu ne viendrais pas.

— Apporte-moi du vin, mère, Nazarka viendra chez nous pour faire la fête ensemble.

— Tout de suite, Loukachka, tout de suite — répondit la vieille. — Les filles s’amusent, je pense que notre muette même est partie.

Et prenant les clefs elle se dirigea rapidement vers la cuisine. Nazarka installa son cheval, se débarrassa de son fusil et rentra chez Loukachka.