Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/291

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Quel cadeau faire à mon adorée ?…
Je donne à ma chérie
Un grand châle de soie ;
Et pour ce châle
Je l’embrasserai cinq fois. »

Loukachka et Nazarka avaient fendu la ronde et se promenaient parmi les jeunes filles. Loukachka, en agitant les mains, marchait au milieu de la ronde et chantait d’une voix très pure.

— Eh bien, qu’une de vous s’avance ! — fit-il.

Les jeunes filles poussaient Marianka qui ne voulait pas s’avancer. À travers les chansons, on entendait les rires, les bousculades, les baisers, les chuchotements. En passant devant Olénine, Loukachka le salua amicalement d’un signe de tête.

— Mitrï Andréitch ? Toi aussi tu es venu regarder ? — lui dit-il.

— Oui, — répondit sèchement et résolument Olénine.

Bieletzkï se pencha à l’oreille d’Oustenka et lui dit quelque chose. Elle voulait répondre mais ne réussit point à le faire, et seulement en passant à un autre tour elle prononça :

— Bon, nous viendrons.

— Et Marianka aussi ?

Olénine s’inclina vers Marianka.

— Tu viendras. Je t’en prie, pour un moment au moins ; j’ai à te parler.

— Les filles viendront et moi aussi.