Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/292

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— Tu me répondras à ce que je t’ai demandé ? — interrogea-t-il de nouveau en se penchant vers elle. — Tu es gaie, aujourd’hui.

Elle s’éloignait déjà de lui, il la suivit.

— Tu diras ?

— Que dire ?

— Ce qu’avant hier je t’ai demandé — fit Olénine en se penchant à son oreille — Tu m’épouseras ?

Marianka réfléchit :

— Je le dirai — répondit-elle, — je le dirai aujourd’hui.

Et dans l’obscurité ses yeux, avec tendresse et gaîté, brillaient sur le jeune homme.

Il la suivait toujours, et, joyeux, se penchait vers elle.

Mais Loukachka en continuant à chanter l’attrapa fortement par les mains et l’entraîna au milieu de la ronde.

Olénine n’eut que le temps de prononcer : « Viens donc chez Oustenka», et retourna vers son camarade. La chanson était bientôt finie. Loukachka essuya ses lèvres, Marianka aussi et ils s’embrassèrent. « Non, cinq fois, » dit Loukachka. Les causeries, les rires, les courses remplacèrent le mouvement et les sons réguliers. Loukachka, qui paraissait être en train, se mit à distribuer des bonbons aux filles. — J’en donnerai à toutes — disait-il avec une satisfaction orgueilleuse et comiquement touchante.