Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/305

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


tablement en désignant de la main la direction où allaient les Cosaques.

Olénine comprit qu’elles voulaient dire « beaucoup d’Abreks ».

Olénine qui n’avait jamais vu chose pareille, et n’en avait d’autre conception que par les récits de l’oncle Erochka, voulait ne pas s’écarter des Cosaques et voir tout. Il admirait les Cosaques, regardait, écoutait tout et faisait ses observations. Bien qu’il eût pris avec lui son sabre et son fusil chargé, en remarquant comment les Cosaques le tenaient à l’écart, il résolut de ne point prendre part à l’affaire, d’autant plus qu’il jugeait avoir donné assez de preuves de courage dans son détachement et principalement parce que, maintenant, il se sentait très heureux.

Tout à coup au loin, on entendit un coup de fusil. Le khorounjï s’émut et commença à prendre des dispositions ; comment grouper les Cosaques, de quel côté s’approcher ? Mais les Cosaques ne faisaient nulle attention à ses préparatifs ; ils ne regardaient et n’écoutaient que Loukachka. Le visage de celui-ci exprimait le calme et la solennité. Il galopait en avant, les autres ne pouvaient le suivre, et en clignant des yeux, il scrutait les alentours.

— Voici un cavalier — fit-il en retenant son cheval et en se mettant à côté des autres.

Olénine regardait de tous ses yeux et ne voyait