Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/339

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IV


Le soleil avait parcouru la moitié de sa course et, à travers l’air échauffé, lançait sur la terre sèche ses rayons brûlants. Le ciel bleu sombre était tout à fait pur, seule la base des sommets neigeux commençait à se voiler de nuages transparents blanc lilas. L’air immobile semblait être rempli d’une poussière transparente. La chaleur devenait insupportable. Arrivées au petit ruisseau qui coulait au milieu du chemin, les troupes firent halte. Les soldats, après avoir mis leurs fusils en faisceaux, se jetèrent vers le ruisseau. Le commandant du bataillon s’assit à l’ombre sur un tambour, et, son visage exprimant la dignité de son grade, il se prépara, avec quelques officiers, à casser une croûte. Le capitaine s’allongea sur l’herbe sous la voilure de la compagnie. Le brave lieutenant Rozenkrantz et encore quelques jeunes officiers s’installèrent sur leurs manteaux étendus et se