Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/371

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XI


Quatre soldats portaient le sous-lieutenant sur un brancard. Derrière eux, un soldat gardien des chevaux conduisait un cheval maigre et éreinté qui traînait deux caisses vertes où se trouvait la pharmacie du camp. On attendait le docteur. Les officiers s’approchaient du brancard et tâchaient de consoler et d’encourager le blessé.

— Eh bien, mon vieil Alanine, ce n’est pas de tout de suite qu’on pourra danser au son des cuillers — fit avec un sourire le lieutenant Rozenkrantz.

Il supposait probablement que ces paroles soutiendraient le courage du joli sous-lieutenant, mais à l’expression froide et triste du regard de ce dernier, on pouvait voir qu’elles ne produisaient pas l’effet attendu.

Le capitaine s’approcha aussi. Il regarda fixement le blessé et son visage toujours indifférent et froid exprimait une vraie compassion.