Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/430

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cenko sans faire attention au major qui fronçait les sourcils. — Je suis déjà déshabitué de marcher, de parler en Russe. On dirait, quel est ce monstre qui vient d’arriver ? C’est dit : l’Asie. N’est-ce pas, Nikolaï Fedorovitch ? Et que représente pour moi la Russie ? Qu’importe si l’on sera tué un jour ? On demandera où est Trocenko ? On l’a tué. Que ferez-vous alors avec la 8e compagnie ? Hein ? — ajouta-t-il en s’adressant toujours au major.

— Envoyez l’officier de service au bataillon ! — cria Kirsanov sans répondre au capitaine, bien que je fusse de nouveau convaincu qu’il n’avait aucun ordre à donner.

— Je pense que vous devez être content, jeune homme, maintenant que vous recevez double salaire ? — fit le major après quelques minutes de silence en s’adressant à l’aide de camp du bataillon.

— Certainement, très content.

— Je trouve que nos appointements sont vraiment très forts, Nikolaï Fedorovitch, — continuat-il. — Un jeune homme peut vivre très convenablement et même se permettre un petit luxe.

— Non, vraiment, Abram Ilitch, — fit timidement l’aide-de-camp — bien que les appointements soient doubles, c’est comme ca… Il faut donc avoir un cheval.

— Que me chantez-vous, jeune homme ? J’ai été sous-lieutenant et voyez-vous, je sais qu’avec de l’ordre on peut vivre très bien. Et voilà, comptez