Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/431

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


— ajouta-t-il en pliant l’auriculaire de la main gauche. — Nous prenons tous les appointements d’avance et voici tout votre compte — dit Trocenko en buvant un verre d’eau-de-vie.

— Et bien ? que direz-vous contre cela…

— Quoi ?

À ce moment, dans l’entrée de la hutte se montra une tête blanche au nez aplati, et une voix rude prononça avec un accent allemand :

— Vous êtes ici, Abram Ilitch ? L’officier de service vous cherche.

— Entrez, Kraft — dit Bolkhov.

Une haute personne en uniforme d’état-major émergea de la porte, et avec un soin particulier se mit à serrer les mains de chacun.

— Ah ! cher capitaine, vous aussi ? — dit-il, en s’adressant à Trocenko.

Le nouvel hôte, malgré l’obscurité, arrivait jusqu’à lui, et comme il me sembla, à l’étonnement et au mécontentement extraordinaire du capitaine, quand il le rencontra il le baisa aux lèvres.

« C’est un Allemand qui veut être bon camarade » pensai-je.