Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/57

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de son visage aux sourcils noirs, intelligent, chacun disait involontairement. : « Quel beau garçon ! »

— Que de femmes, que de femmes dans l’aoul ! — fit-il d’une voix perçante en montrant paresseusement des dents blanches et brillantes et sans s’adresser à personne particulièrement.

Nazarka, qui était en bas, hâtivement leva la tête et objecta :

— Elles viennent sans doute chercher de l’eau.

— Ce serait drôle de leur faire peur avec nos fusils, — dit Loukachka en riant. — Ah ! comme elles se troubleraient !

— Ton fusil ne portera pas si loin.

— Bah ! mon fusil portera plus loin. Attends un peu, leur fête viendra. J’irai chez Guireï-khan boire de la bière, — continua Loukachka en chassant avec colère les moustiques qui l’entouraient.

Un bruissement dans le bois attira l’attention des Cosaques. Un étrange chien de chasse, en flairant une trace et en agitant énergiquement sa queue sans poils, accourait vers le cordon.

Loukachka reconnut le chien de son voisin, l’oncle Erochka, et derrière lui, il aperçut dans le bois le chasseur lui-même qui s’avançait.

L’oncle Erochka était un Cosaque d’une très haute taille, avec une large barbe toute blanche et des épaules et une poitrine si larges que dans la forêt, où il n’y avait à qui le comparer, il ne semblait pas très grand, tant étaient proportionnés