Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/68

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VIII


Il faisait tout à fait nuit quand l’oncle Erochka et trois Cosaques du cordon, enveloppés dans leurs bourka [1] et les fusils derrière l’épaule, partirent le long du Terek à l’endroit du secret. Nazarka ne voulait point y aller, mais Loukachka l’interpella et prestement ils se mirent en route. Ayant fait en silence quelques pas, les Cosaques se détournèrent du fossé et par un sentier qu’on remarquait à peine dans les roseaux ils s’approchèrent du Terek. Près du bord une grosse bûche noire avait été rejetée par l’eau et, autour, les roseaux étaient fraîchement aplatis.

— Eh bien ! Attendrons-nous ici ? — demanda Nazarka.

— Pourquoi pas ? — répondit Loukachka — assieds-toi ici, moi je reviendrai tout à l’heure, je montrerai seulement l’endroit à l’oncle.

  1. Bourka, grande pèlerine en feutre que portent les Caucasiens.