Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/81

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mon fusil, je ne bouge pas, j’attends. Il reste debout un moment, puis se remet à nager, et quand il fut sous la lune, alors, je vis tout son dos. « Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ». Je regarde derrière la fumée et lui s’agite là-bas. Il gémissait, ou peut-être m’a-t-il semblé seulement. « Eh bien ! Grâce à Dieu, — pensai-je, — je l’ai tué ! » Une fois qu’il a été posté vers le sable, alors je l’ai vu tout à fait bien ; il voulait se lever, mais n’en avait plus la force. Il se débattit, se débattit, puis s’allongea. C’est clair, on voit tout. Tu vois, il ne bouge pas, il doit être crevé. Les Cosaques ont couru au cordon ; pourvu que les autres ne nous échappent pas !

— Oui, compte là-dessus, on les attrapera, — dit le vieux. — Il est loin, maintenant, mon cher…

Et, de nouveau, il hocha tristement la tête. À ce moment, on entendit une bruyante conversation et un bruit de branches causé par les Cosaques à pied et à cheval.

— Avez-vous amené un canot, hein ? — cria Louka.

— Bravo ! Louka, tire sur le bord ! — cria l’un des Cosaques.

Loukachka, sans attendre le canot et ne quittant pas des yeux sa proie, se mit à se déshabiller.

— Attends, Nazarka, amène le canot, — cria l’ouriadnik. — Imbécile, il est peut-être vivant, et il feint,