Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol5.djvu/117

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III

Quelque chose d’étrange se passait en tous les assistants, et quelque chose d’étrange se sentait dans le silence de mort qui suivit le jeu d’Albert. C’était comme si chacun voulait et ne pouvait exprimer ce que signifiait tout cela. Qu’est-ce que cela signifie ? une salle claire et chaude, des femmes capiteuses, l’aube derrière les fenêtres, le sang ému et l’impression pure des sons ? Mais personne n’essayait de dire ce que signifiait cela. Au contraire, presque tous, ne se sentant pas la force de se mettre tout à fait hors de ce que leur avait fait découvrir la nouvelle impression, se révoltaient contre elle.

— En effet, il joue vraiment bien, dit l’officier.

— Admirable ! répondit Delessov ; en cachette il essuyait ses joues avec sa manche.

— Cependant, messieurs, il est temps de partir, fit en se ressaisissant un peu, celui qui était couché