Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol5.djvu/116

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passé. C’est le plus grand bonheur qui te reste »

À la fin de la dernière variation, le visage d’Albert devint rouge, ses yeux brillèrent sans s’éteindre, de grosses gouttes de sueur coulèrent sur ses joues. Les veines de son front se gonflèrent, tout son corps s’agita de plus en plus, ses lèvres pâles ne se refermèrent déjà plus et toute sa personne exprima l’avidité enthousiaste de la jouissance.

Avec un mouvement désespéré de tout le corps, en secouant ses cheveux, il baissa le violon, et avec un sourire de majesté fière et de bonheur, il regarda les assistants. Ensuite son dos se voûta, sa tête retomba, ses lèvres se plissèrent, ses yeux s’éteignirent et, honteux de soi-même, en regardant autour timidement, et s’empêtrant, il passa dans l’autre salle.