Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol5.djvu/18

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cinquante kopecks, est prêt non seulement à passer sous le billard, mais sous le Pont Bleu. Et il crie aussi :

— Superbe ! Il n’a pas encore essuyé toute la poussière !

Le marqueur Petrouchka est, je crois, connu de tout le monde. Il n’y avait que Tarik et Petrouchka.

Seulement, bien entendu, je ne donnais pas ma mesure. Je perdis la deuxième partie.

— Monsieur, — dis-je, — il m’est impossible de lutter contre vous.

Il rit. Ensuite, quand j’eus gagné trois parties, — lui avait 49 et moi pas un, — je posai la quille sur le billard et dis :

— Monsieur, voulez-vous jouer le tout ?

— Comment, le tout ? — dit-il.

— Oui, vous me paierez trois roubles ou rien, — dis-je.

— Comment ? Est-ce que je joue de l’argent avec toi ? Imbécile !

Il rougit même.

Bon. Il perdit la partie.

— Assez, — dit-il.

Il tire un portefeuille tout neuf acheté dans le magasin anglais, et il l’ouvre. Je vois qu’il veut déjà se vanter. Le portefeuille est plein d’argent, mais tout en billets de cent roubles.

— Non, — dit-il, — il n’y a pas là de petite monnaie.