Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol5.djvu/217

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continua de parler. Selon ses paroles, nos affaires étaient en très bon état. Maintenant nous n’avions qu’à passer l’été à la campagne et ensuite à aller à Pétersbourg pour l’éducation de Sonia ou à l’étranger.

— Oui, si vous veniez avec nous à l’étranger, — dit Katia. — autrement, seules, nous serons perdues là-bas.

— Ah ! avec quel plaisir j’irais avec vous autour du monde ! — dit-il mi-sérieux, mi-plaisant.

— Eh bien, allons autour du monde ! — dis-je. Il sourit et de nouveau hocha la tête.

— Et ma mère ? Et les affaires ? Mais il ne s’agit pas de cela. Racontez comment vous avez passé tout ce temps. Est-ce que vous vous ennuyez encore ?

Quand je lui racontai qu’en son absence, je m’étais occupée et ne m’ennuyais pas, et que Katia confirma mes paroles, il me félicita et me caressa des paroles et du regard comme une enfant, comme s’il en avait le droit. Je crus nécessaire de lui conter en détails et avec une entière franchise, tout ce que j’avais fait de bon, et de lui ouvrir, comme à un confesseur, tout ce dont il pouvait être mécontent. La soirée était si belle, qu’après le thé, nous restâmes sur la terrasse et la conversation m’intéressait tant que je ne remarquais pas qu’autour de nous les sons se calmaient peu à peu. De tous côtés le parfum des fleurs grandissait. Une rosée