Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol5.djvu/216

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ton à manches courtes ; mes cheveux mouillés étaient recouverts d’un fichu.

Katia, la première, l’aperçut à travers la fenêtre.

— Ah ! Sergueï Mikhaïlovitch ! — prononça-t-elle. — Nous venions de parler de vous.

Je me levai et voulus m’en aller pour m’habiller. Il me rattrapa quand j’étais déjà dans la porte.

— Eh ! quelle cérémonie à la campagne, — dit-il en regardant ma tête couverte du fichu et souriant.

— Vous n’avez pas honte, n’est-ce pas, devant votre valet Grigori, et pour vous, vraiment, je suis Grigori.

Mais à ce moment même, il me sembla qu’il me regardait comme ne pouvait le faire Grigori et je me sentis gênée.

— Je reviendrai tout à l’heure, — dis-je en m’éloignant de lui.

— Mais pourquoi ? Ce n’est pas mal. C’est comme une jeune paysanne, — me cria-t-il ensuite.

« — Comme il m’a regardée étrangement, — pensai-je en m’habillant hâtivement. — Eh bien, Dieu merci, qu’il soit rendu, ce sera plus gai ! » — Après avoir jeté un regard au miroir, gaîment je descendis en bas en courant et, ne cachant pas que je m’étais hâtée, essoufflée, j’allai sur la terrasse. Il était assis à la table et causait de nos affaires à Katia. Il sourit en me regardant et