Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol5.djvu/262

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V

Il n’y avait aucune raison d’ajourner notre mariage et ni lui ni moi ne le désirions. À vrai dire, Katia aurait voulu aller à Moscou faire des achats et commander la corbeille, et sa mère aurait désiré qu’avant de se marier, il achetât une voiture neuve, de nouveaux meubles, et fit retapisser la maison. Mais tous deux nous insistâmes pour que tout cela se fit après si c’était absolument nécessaire, et pour que le mariage eût lieu deux semaines après mon anniversaire, sans corbeille, sans invités, sans garçons d’honneur, sans souper, sans champagne, ni tout le tra-la-la ordinaire des mariages. Il me raconta que sa mère était mécontente que notre mariage se fît sans musique, sans montagnes de coffres et sans maison remise à neuf, comme à son mariage qui avait coûté trente mille roubles, et comment, sérieusement et en cachette de lui, en cherchant dans le garde-meuble elle pre-