Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol5.djvu/30

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bent sur le parquet. Ça se comprend : il fallait se montrer. Je dis : « S’il te plaît, monsieur ». Il se hâtait tant, qu’il ramassa les billes lui-même. Je me dis : « Je ne recevrai pas déjà mes sept cents roubles, alors, si je perds, tant pis. » Je commence exprès à jouer mal. Alors lui : — Pourquoi joues-tu mal exprès ? Ses mains tremblent et quand la bille court vers la blouse, alors il écarte les doigts, sa bouche grimace et il penche sa tête et ses bras vers la blouse. Je lui disais :

— Ça n’aidera pas, monsieur.

Bon, quand il gagna cette partie, je dis : — Vous me devez cent quatre-vingts roubles et cent cinquante parties. Moi je vais souper.

Je posai la quille et sortis.

Je m’assis à une petite table en face de la porte et je regardai ce qu’il allait faire. Alors quoi ? Il marche, marche. Il pense probablement que personne ne le regarde, tout à coup il se tire les cheveux, de nouveau marche tout en murmurant quelque chose et de nouveau se tire les cheveux !

Après cela on ne le vit pas de huit jours. Il vint une fois dans la salle à manger, tout morne, et n’entra pas dans la salle de billard.

Le prince l’aperçut.

— Allons, — lui dit-il, — jouons.

— Moi, je ne jouerai plus.

— Quelle blague !… Allons.

— Non, je n’irai pas. Pour toi, — dit-il, — il n’y