Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol5.djvu/64

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V

Il devait être, je pense, près de minuit, quand le petit vieux et Vassili, qui avaient repris les chevaux échappés s’approchèrent de nous. Ils avaient rattrapé les chevaux et nous avaient retrouvés et rejoints. Mais comment avaient-ils pu faire cela par une tourmente aveuglante, au milieu de la steppe nue ? Pour moi ce sera toujours incompréhensible. Le petit vieux, en agitant les coudes et les jambes, trottait, monté sur le cheval du brancard (les deux autres étaient attachés au collier ; pendant la tourmente on ne peut laisser libres les chevaux.) Aussitôt qu’il nous eut rejoints, il se mit à injurier mon postillon.

— En voilà un diable louche ! Vrai…

— Eh, oncle Mitritch ! es-tu en vie ? — cria le narrateur du second traîneau. Viens chez nous.

Mais le vieux ne lui répondit pas et continua