Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol5.djvu/94

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X

Je m’endormis profondément. Quand Aliochka, me poussant la jambe, m’éveilla, et que j’ouvris les yeux, il faisait déjà jour. Le matin semblait encore plus froid que la nuit. La neige ne tombait plus mais un vent fort, sec, continuait à pousser une neige ténue dans les champs et surtout sous les sabots des chevaux et les patins. Le ciel, à droite, du côté de l’Orient, était lourd, blanc mat, mais les rayons obliques, clairs, rouge-orangé s’y montraient de plus en plus brillants. Au-dessus de nos têtes, à travers les nuages mobiles, blancs, à peine teintés, on apercevait du bleu pâle. À gauche, les nuages étaient clairs, légers et mobiles. Tout autour, à la distance que le regard pouvait embrasser, la neige blanche, épaisse couvrait la campagne. Par ci par là on apercevait un petit monticule gris au-dessus duquel volait une fine poussière de neige sèche. Nulle trace de traîneau,