Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/156

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Elle lui baisa la tête. Sonia se leva et la petite chatte s’anima, ses yeux brillèrent et elle était prête, semblait-il, à agiter la queue, à sauter sur ses pattes souples et à courir de nouveau après le peloton.

— Tu crois vraiment ? Jure ? dit-elle, en rajustant sa robe et ses cheveux.

— Vraiment, je le jure ! répondit Natacha en arrangeant la mèche de cheveux qui sortait de la natte de son amie. Et toutes deux se mirent à rire.

— Eh bien, allons chanter « La Source » ?

— Allons !

— Tu sais, ce gros Pierre qui est assis en face de moi, il est très drôle, dit tout à coup Natacha en s’arrêtant. Oh, je m’amuse beaucoup. Et Natacha courut dans le couloir.

Sonia, en secouant le duvet et en cachant les vers dans son corsage, plus près du cou, d’un pas léger, joyeux, le visage rougi, courut derrière Natacha, du couloir au divan. À la demande des invités, les jeunes gens chantèrent en quatuor « La Source » qui plut beaucoup, à tout le monde ; puis Nicolas chanta une romance récemment apprise.

 
Dans la nuit agréable, au clair de lune,
Imagine heureusement
Qu’il y a encore quelqu’un au monde
Qui pense à toi !