Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/157

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Que de sa main belle
Caressant les cordes de la harpe d’or,
Avec son harmonie passionnée
Elle appelle à soi, elle appelle !
Encore un jour, deux et ce sera le paradis…
Mais, hélas, ton ami ne vivra plus.

À peine achevait-il les dernières paroles que la jeunesse, dans la salle, se préparait à danser et que les musiciens frappaient du pied et toussotaient.

Pierre était assis au salon où Chinchine menait avec lui, comme nouvel arrivé de l’étranger, une conversation politique, ennuyeuse pour Pierre et à laquelle se joignirent d’autres invités. Quand la musique se fit entendre, Natacha entra au salon, s’approcha tout droit de Pierre, et, souriant et rougissant, lui dit : Maman m’a ordonné de vous inviter à danser.

— Je crains d’embrouiller les figures, dit Pierre, mais si vous voulez être mon professeur… et baissant sa main épaisse, il la tendit à la frêle fillette.

Pendant que les couples se mettaient en place et que les musiciens accordaient leurs instruments, Pierre s’assit près de sa petite cavalière. Natacha était tout à fait heureuse. Elle dansait avec un grand, récemment arrivé de l’étranger. Tous la remarquaient et elle lui causait comme une grande