Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/163

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au célèbre dignitaire de Catherine, au comte Bezoukhov.

Le magnifique salon de réception était plein. Tous se levèrent avec respect quand le général gouverneur, après être resté une demi-heure en tête-à-tête près du malade, sortit de la chambre en répondant à peine aux saluts, et en s’efforçant de passer le plus vite possible devant les regards fixés sur lui, des médecins, des prêtres et des parents. Le prince Vassili, pâli et amaigri depuis ces quelques jours, accompagnait le général gouverneur, et à voix basse, lui répétait plusieurs fois de suite la même chose.

Ayant reconduit le général-gouverneur, le prince Vassili s’assit à l’écart dans le salon, sur une chaise, et les jambes croisées haut, le coude appuyé sur les genoux, les yeux cachés dans la main, il resta ainsi un certain temps : puis il se leva et à pas rapides, en jetant circulairement un regard effrayé, il traversa un long couloir et se rendit dans l’autre partie de la maison, chez la princesse aînée.

Ceux qui étaient dans le salon faiblement éclairé chuchotaient entre eux, se taisaient, et regardaient avec des yeux interrogateurs et anxieux la porte qui conduisait à l’appartement du mourant, et qui, chaque fois que quelqu’un entrait ou sortait, s’ouvrait avec un léger bruit.

— Le terme de la vie terrestre est arrivé et on ne peut aller plus loin, — disait un prêtre, un petit