Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/167

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sili en prenant la main de la princesse et l’inclinant en bas, par habitude.

Évidemment, ce « qu’y a-t-il » se rapportait à beaucoup de choses que tous deux comprenaient sans paroles.

La princesse, avec son buste démesurément long en proportion de ses jambes, très sèche, très droite, de ses yeux gris, obliques, avec indifférence, regardait fixement le prince. Elle leva la tête, poussa un soupir et se tourna vers les icônes. On pouvait expliquer son geste comme l’expression de tristesse et de dévouement et aussi comme l’expression de fatigue et d’espoir en un prochain repos. Le prince Vassili y vit l’expression de la fatigue.

— Et tu crois que c’est facile pour moi ? Je suis éreinté comme un cheval de poste, et quand même je dois te parler, Katiche, et très sérieusement.

Le prince Vassili se tut, ses joues tressaillirent nerveusement, tantôt l’une, tantôt l’autre, ce qui donna à son visage une expression désagréable qu’on n’y voyait jamais quand il était dans un salon. Ses yeux aussi n’étaient pas comme à l’habitude : tantôt il regardait avec une plaisante effronterie, tantôt avec crainte.

La princesse, en retenant de ses mains sèches, maigres, le petit chien qui était sur ses genoux, regarda attentivement, dans les yeux, le prince Vassili, qui reprenait et non sans effort intérieur, la