Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/185

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les icônes. Ses deux mains, larges, grandes, s’appuyaient sur la couverture. Dans la main droite, entre l’index et le pouce, était placé un cierge que soutenait un vieux domestique, penché derrière le fauteuil. Autour du fauteuil les prêtres, dans leurs habits sacerdotaux, brillants, avec leurs longs cheveux, des cierges à la main, officiaient lentement, solennellement. Un peu en arrière se tenaient les deux princesses cadettes, leur mouchoir près des yeux, et devant elles, l’aînée Katiche, avec un air méchant et résolu, ne quittait pas du regard les icônes, semblant signifier à tous qu’elle ne répondrait pas d’elle si elle se retournait. Anna Mikhaïlovna avec son air de tristesse résignée et de bienveillance générale, et la dame inconnue, étaient près de la porte. Le prince Vassili était de l’autre côté de la porte, très près du fauteuil, derrière une chaise sculptée couverte de velours, sur le dossier de laquelle il appuyait la main gauche qui portait le cierge, pendant que de la main droite il se signait, en soulevant ses regards, chaque fois qu’il approchait les doigts vers son front. Son visage exprimait la piété calme et la soumission en la volonté de Dieu. « Si vous ne comprenez pas ce sentiment, tant pis pour vous, » semblait dire son visage.

Derrière lui se tenaient l’aide de camp, le docteur et les domestiques masculins. Comme à l’église, les femmes formaient un groupe distinct de celui