Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/184

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XX

Pierre connaissait bien cette grande chambre, divisée par des arcs et des colonnes et tendue de tapis de Perse. Au delà des colonnes, se trouvaient d’un côté un grand lit d’acajou drapé d’un rideau de soie, et de l’autre une grande vitrine renfermant les icônes. Toute cette partie était éclairée à giorno, comme les églises pendant l’office du soir. Sous les cadres éclairés de la vitrine se trouvait un long voltaire, dont le dos était garni d’oreillers blancs comme la neige, pas encore froissés et qu’on venait évidemment de changer à la minute. Dans ce fauteuil était couchée, enveloppée jusqu’à la ceinture d’une couverture vert-clair, cette belle figure, que Pierre connaissait si bien, son père, le comte Bezoukhov. C’était bien lui avec cette crinière grise léonine, son large front traversé par de profondes rides, et le beau visage jaune-rougeâtre. Il était couché droit sous