Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/198

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quelques larmes. Elle se tut. — Il n’est plus

Pierre la regarda à travers ses lunettes.

Allons, je vous reconduirai. Tâchez de pleurer. Rien ne soulage comme les larmes.

Elle le reconduisit dans le salon sombre, et Pierre était content que personne ne pût voir son visage. Anna Mikhaïlovna prit congé de lui, et quand elle revint, Pierre qui avait appuyé sa tête dans sa main, dormait d’un sommeil profond.

Le lendemain matin, Anna Mikhaïlovna dit à Pierre :

Oui, mon cher, c’est une grande perte pour nous tous. Je ne parle pas de vous. Mais Dieu vous soutiendra, vous êtes jeune et vous voilà à la tête d’une immense fortune, je l’espère. Le testament n’a pas été encore ouvert. Je vous connais assez pour savoir que cela ne vous tournera pas la tête, mais cela vous impose des devoirs, et il faut être homme.

Pierre se tut.

Peut-être, plus tard, je vous dirai, mon cher, que si je n’avais pas été là, Dieu sait ce qui serait arrivé. Vous savez, mon oncle, avant-hier encore, me promettait de ne pas oublier Boris. Mais il n’a pas eu le temps. J’espère, mon cher ami, que vous remplirez le désir de votre père.

Pierre ne comprenait rien ; en silence, et en rougissant, discrètement, il regarda la princesse Anna Mikhaïlovna. Après avoir causé avec Pierre,