Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/199

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Anna Mikhaïlovna partit se coucher chez les Rostov. En s’éveillant le matin, elle raconta aux Rostov et à toutes ses connaissances les détails sur la mort du comte Bezoukhov. Elle disait que le comte était mort comme elle-même voudrait mourir ; que sa fin était non seulement touchante mais édifiante, et que la dernière entrevue entre le père et le fils était si émouvante, qu’elle ne pouvait se la rappeler sans larmes, et qu’elle ne savait qui s’était le mieux conduit en ce moment terrible : du père, qui dans les derniers moments se rappelait tout et tous et disait au fils de si touchantes paroles, ou de Pierre qui faisait peine à voir tellement il était ému, et qui, malgré cela, tâchait de cacher son émotion pour ne pas impressionner son père mourant. « C’est pénible, mais cela fait du bien ; ça élève l’âme de voir des hommes comme le vieux comte et son digne fils, » — disait-elle. Quant aux actes de la princesse et du prince Vassili, sans les juger, elle les racontait sous le sceau du secret et en chuchotant.