Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/202

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


dans la haute salle d’office. Et tous ceux qui attendaient dans cet office éprouvaient le même sentiment de respect, voire de crainte, quand s’ouvrait la large et haute porte du cabinet et que se montrait, en perruque poudrée, la petite figure du vieillard, aux mains petites, sèches, aux sourcils gris, tombants, qui en se fronçant voilaient l’éclat des yeux brillants, intelligents, jeunes. Le matin de l’arrivée du jeune ménage, la princesse Marie, comme à l’ordinaire, entrait dans l’office à l’heure précise pour le salut du matin ; avec crainte elle se signa et, intérieurement, fit une prière. Chaque jour elle entrait, et chaque jour elle priait pour que cette entrevue se passât bien. Le vieux valet poudré qui était dans l’office se leva doucement et s’avança en chuchotant : « Entrez. »

Derrière la porte on entendait le bruit du tour. Timidement, la princesse poussa la porte, qui s’ouvrit facilement, et s’arrêta sur le seuil. Le prince travaillait auprès du tour ; il regarda et continua son ouvrage.

L’énorme cabinet de travail était plein d’objets qui, visiblement, étaient souvent employés. La longue table où étaient posés des livres, des plans, la grande bibliothèque, avec les clefs sur les portes, la table haute pour écrire debout et sur laquelle était un cahier ouvert, et le tour avec les outils préparés et les copeaux dispersés çà et là, tout décelait une activité infatigable,