Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/242

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Non, mais figurez-vous la vieille comtesse Zoubov avec de fausses boucles et la bouche pleine de fausses dents, comme si elle voulait défier les années. Ah ! ah, ah ! Marie !

Cinq fois déjà il avait entendu, dans la bouche de sa femme, la même phrase sur la comtesse Zoubov et le même rire. Il entra doucement dans la chambre. La princesse, petite, épaisse, rouge, un ouvrage à la main, était dans un fauteuil et parlait sans cesse, se rappelant les souvenirs de Pétersbourg et même des phrases. Le prince André s’approcha d’elle, lui caressa la tête, et lui demanda si elle s’était bien reposée du voyage. Elle répondit et continua sa conversation.

La voiture à six chevaux était près du perron. C’était une sombre nuit d’automne. Le cocher ne voyait pas la flèche de sa voiture. Sur le perron s’agitaient des gens avec des lanternes. Les hautes fenêtres de la grande maison laissaient apercevoir les lumières de l’intérieur. Dans l’antichambre se groupaient les domestiques qui désiraient dire adieu au jeune prince. Dans le salon se tenaient tous les familiers : Mikhaïl Ivanovitch, mademoiselle Bourienne, la princesse Marie et la princesse.

Le prince André avait été appelé dans le cabinet de son père, qui désirait lui dire adieu en tête-à-tête. Tous les attendaient.

Quand le prince André entra dans le cabinet du vieux prince qui avait des lunettes de vieillard et