Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/255

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


— Bientôt vous habillerez les hommes avec des sarafanes ! Qu’est-ce ? cria le commandant du régiment en avançant la mâchoire inférieure, et en montrant dans les rangs de la troisième compagnie un soldat dont la capote était d’une couleur différente de celles des autres soldats. — Où vous cachiez-vous ? On attend le commandant en chef et vous quittez votre poste ? Hein ! Je vous apprendrai comment il faut habiller vos soldats pour la revue, hein !

Le chef de compagnie, sans quitter des yeux son chef, serrait de plus en plus ses deux doigts contre la visière de son képi, comme s’il voyait maintenant son salut dans ce contact.

— Eh bien, pourquoi vous taisez vous ? Qui, chez vous, là-bas est, habillé comme un Hongrois ? — plaisantait sincèrement le commandant du régiment.

— Votre Excellence…

— Eh quoi, Votre Excellence ? Votre Excellence ! Votre Excellence ! Et qu’y a-t-il, Votre Excellence, personne ne le connaît.

— Votre Excellence, c’est Dolokhov, dégradé — dit doucement le capitaine.

— Eh bien, est-il dégradé en feld-maréchal ou en soldat ? Et s’il est soldat, alors il doit être habillé comme tous, selon la règle.

— Votre Excellence, vous-même l’avez autorisé à s’habiller ainsi pendant les marches.