Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/256

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— Autorisé ! autorisé ! voilà, c’est toujours comme ça avec la jeune génération, — dit le commandant du régiment en se calmant un peu. — Autorisé ! On vous dit quelque chose et vous… — Le commandant du régiment se tut un peu. — On vous dit quelque chose et vous, quoi ? — fit-il, de nouveau en colère. — Veuillez habiller vos soldats convenablement…

Et le commandant en chef, en regardant son aide de camp, se mit, en vacillant, à inspecter le régiment. On voyait que sa colère lui plaisait à lui-même et qu’en examinant le régiment, il cherchait un autre prétexte pour l’entretenir. Ayant fait une réprimande à un officier, pour des boutons mal astiqués, à un autre pour le mauvais alignement, il s’approcha de la troisième compagnie.

— Comment te tiens-tu ? Où est ton pied ? Ton pied où est-il ? — cria le commandant du régiment, avec une expression de souffrance dans la voix, à Dolokhov qui était en capote bleue, alors que cinq hommes le séparaient encore de lui. Dolokhov, doucement, retira sa jambe pliée, et droit, avec son regard clair et effronté, il regarda le visage du général.

— Pourquoi as-tu une capote bleue ? À bas… sergent-major, qu’on le rhabille. Can… — Il n’eut pas le temps d’achever.

— Mon général, mon devoir est de remplir vos ordres, mais je ne suis pas obligé de supporter… — dit hâtivement Dolokhov.