Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/30

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III

La soirée d’Anna Pavlovna était lancée. Les fuseaux travaillaient régulièrement de divers côtés et faisaient un bruit ininterrompu. Outre ma tante, près de qui était une dame âgée, au visage fané et maigre, un peu déplacée dans ce cercle brillant, les invités formaient trois groupes. Dans l’un, où il y avait plus d’hommes, l’abbé était le centre. Dans l’autre, jeune, c’étaient la belle princesse Hélène, fille du prince Vassili, et la jolie et fraîche, un peu trop replète pour son âge, petite princesse Bolkonskaia. Dans le troisième, Mortemart et Anna Pavlovna.

Le vicomte était un homme jeune, gracieux, aux traits et aux manières agréables, qui, visiblement, se considérait comme une célébrité, mais, par bonne éducation, permettait modestement à la société dans laquelle il se trouvait de profiter de lui. Apparemment, Anna Pavlovna régalait ses hôtes