Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/301

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— Je ne m’attendais pas à cela de votre part, — prononça sérieusement et sévèrement le capitaine en second. — Vous ne voulez pas vous excuser, et c’est vous, mon cher, qui êtes coupable en tout, non seulement envers lui, mais envers le régiment, envers nous tous. Si vous aviez réfléchi et pris conseil avant d’agir, mais non, tout droit au nez des officiers, v’lan ! Que reste-t-il à faire au colonel ? Traduire un officier devant le conseil de guerre et salir tout le régiment ? À cause d’une canaille il faut couvrir de boue tout le régiment ? C’est ce que vous voulez ? Selon nous ce n’est pas ça. Bogdanitch a bien fait, quand il vous a dit que vous ne disiez pas la vérité. C’est ennuyeux, mais que voulez-vous, mon cher, c’est vous-même qui l’avez voulu. Et maintenant qu’on veut étouffer l’affaire, alors vous, par orgueil, vous ne voulez pas vous excuser et voulez raconter tout. Pour vous ce sera offensant d’être au service, et que vous importe de vous excuser devant un vieil et honnête officier ? Quel que soit Bogdanitch, c’est en tout cas un vieux hussard et un brave colonel, alors c’est honteux pour vous ; et de salir le régiment, cela ne vous trouble pas ? — La voix du capitaine en second commençait à trembler. — Vous, mon cher, vous êtes un nouveau au régiment, aujourd’hui vous êtes là, demain vous serez aide de camp quelque part, alors il vous est bien égal qu’on dise : « Parmi les officiers du régiment de Pavlograd il y a des