Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/303

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— Voilà, c’est bien, comte, — prononça le capitaine en second revenu vers lui ; et, de sa large main lui frappant l’épaule :

— Je t’ai dit que c’est un b’ave ga’çon ! — cria Denissov.

— Oui, ça, c’est bien, comte, — répéta le capitaine qui lui donnait son titre comme récompense de son aveu. — Allez et excusez-vous, oui.

— Messieurs, je ferai tout, personne n’entendra une parole de moi, — prononça Rostov d’une voix suppliante. — Mais je ne puis faire d’excuses. Je vous jure que je ne le peux pas ! Comment demander pardon comme si j’étais un enfant !

Denissov rit.

— Tant pis pour vous. Bogdanitch a une excellente mémoire et vous paierez votre entêtement, — dit Kirsten.

— Par Dieu, ce n’est pas de l’entêtement ! Je ne puis vous exprimer quel sentiment…

— Ça c’est votre affaire. — dit le capitaine en second. — Eh bien ! où ce lâche est-il disparu ? — demanda-t-il à Denissov.

— Il se dit malade, demain il se’a po’té malade dans l’o’dre du jou’, — répondit Denissov.

— Oui, c’est une maladie, on ne peut dire autrement, — prononça le capitaine en second.

— Malade ou non, mais qu’il ne me tombe pas