Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/319

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VIII

Le reste de l’infanterie traversait le pont à la hâte, serré à l’entrée comme dans un entonnoir. Enfin tous les chariots étaient passés, la bousculade devenait moindre et le dernier bataillon entrait sur le pont. Seuls les hussards de Denissov restaient à l’autre extrémité du pont, en face de l’ennemi. L’ennemi, qu’on apercevait de loin sur la montagne en face, ne se voyait pas encore du bas du pont, et l’horizon se trouvait limité à une demi-verste de distance par un col où coulait une rivière. En avant, s’étendait un espace désert où se mouvaient nos patrouilles de Cosaques. Tout à coup, sur les hauteurs opposées à la route parurent des troupes en capotes bleues et l’artillerie. C’étaient des Français. Le détachement des Cosaques s’élança au trot sur la colline. Tous les officiers et soldats de l’escadron de Denissov, bien qu’ils tâchassent de parler de choses étrangères et re-