Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/346

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lavées proprement et avec soin, comme le bout des doigts après le bain. Les mouvements de ces rides formaient le jeu principal de sa physionomie. Tantôt son front se ridait de plis larges, les sourcils se soulevaient, tantôt ils s’abaissaient et près des joues se formaient de grosses rides. Ses yeux petits mais profonds regardaient toujours droit et gaiement.

— Eh bien, maintenant, racontez-nous vos exploits, — dit-il.

Bolkonskï, de la façon la plus modeste, sans mentionner son nom une seule fois, raconta l’affaire et l’accueil du ministre de la Guerre. Ils m’ont reçu avec ma nouvelle comme un chien dans un jeu de quilles, — conclut-il.

Bilibine sourit et développa les plis de sa peau.

Cependant mon cher, malgré la haute estime que je professe pour l’armée russe orthodoxe, j’avoue que votre victoire n’est pas des plus victorieuses ! — fit-il en regardant de loin son ongle et en fronçant la peau sous l’œil gauche.

Il continuait ainsi en français, ne disant en russe que les mots qu’il voulait souligner avec mépris. — Comment donc, vous tombez avec toute la masse sur le malheureux Mortier qui n’avait qu’une division et ce Mortier vous glisse entre les mains ? Où donc est la victoire ?

— Cependant nous pouvons dire, sans nous van-