Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/360

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de lui. De tous côtés, des yeux tendres se posaient sur lui et il n’entendait que des paroles aimables.

L’aide de camp de la veille lui reprochait de ne pas s’être arrêté au palais et lui offrait sa maison. Le ministre de la Guerre s’approcha et le félicita pour la décoration de Marie Thérèse du troisième degré que l’Empereur lui accordait. Le chambellan de l’Impératrice l’invita à passer chez Sa Majesté. L’archiduchesse aussi désirait le voir. Il ne savait à qui répondre et pendant quelques secondes, il s’arrêta pour se ressaisir. L’ambassadeur russe le prit par l’épaule, le conduisit à la fenêtre et se mit à lui parler.

Contrairement aux paroles de Bilibine, la nouvelle qu’il apportait était acceptée avec joie. Une messe d’actions de grâces était ordonnée, Koutouzov était remercié par la grand’croix de Marie-Thérèse, et toute l’armée recevait une récompense. Bolkonskï était invité de tous côtés et durant la matinée entière il dut faire visite aux principaux notables autrichiens. Ayant achevé ses visites à cinq heures du soir, le prince André se dirigea vers la maison de Bilibine tout en composant mentalement sa lettre à son père, sur le combat et sur son voyage à Brünn. Près du perron de la maison de Bilibine était une voiture, à demi pleine d’objets différents, et Frantz, le valet de Bilibine, traînant avec peine une valise, parut sur la porte.

Avant d’aller chez Bilibine, le prince André était