Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/389

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cesse et descendaient du retranchement. Ils durent se boucher le nez et activer leurs chevaux pour sortir au plus vite de cette atmosphère pestilentielle.

Voila l’agrément des camps, monsieur le prince, — dit l’officier de service. Ils s’éloignèrent en face, sur la montagne. De là on apercevait les Français. Le prince André s’arrêta et se mit à observer.

— Notre batterie est disposée ici, — dit l’officier d’état-major en désignant le point culminant, — c’est la batterie de ce même original qui était assis sans bottes. De là on voit tout, allons, prince.

— Je vous remercie beaucoup, maintenant j’irai seul, — dit le prince André qui voulait se débarrasser de l’officier d’état-major ; — ne vous inquiétez pas s’il vous plaît.

L’officier s’éloigna, le prince André resta seul.

Plus il approchait de l’ennemi, plus l’aspect des troupes devenait ordonné et gai. C’était au détachement devant Znaïm que parcourait le matin le prince André, et qui était à dix verstes des Français, que régnaient le plus de désordre et de tristesse. À Grount on sentait aussi un trouble quelconque et la peur de quelque chose. Mais plus le prince André s’approchait de la chaîne des Français, plus l’aspect de nos troupes était assuré. Les soldats, en capotes, étaient en rangs et le sergent-major et le capitaine comptaient leurs hommes