Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/394

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jures soldatesques, et, prenant son fusil, s’éloigna.

— Allons, Ivan Loukitch, — dit-il au capitaine.

— Voilà, c’est à la française — dirent des soldats de la ligne. — Eh bien, toi, Sidorov ?

Sidorov cligna des yeux et en s’adressant au Français se mit à prononcer rapidement des paroles incompréhensibles : kapi, mala, tafa, saji, mouter kaska… bafouillait-il en tâchant de donner à sa voix des intonations expressives.

— Oh, oh ! ah, ah, iou, iou — retentit parmi les soldats un tel éclat de rire joyeux qu’il se communiqua spontanément à travers la ligne jusqu’aux Français, si bien qu’après cela il fallait, semble-t-il, décharger les fusils, faire sauter les cartouches et retourner au plus vite chacun chez soi. Mais les fusils restèrent chargés, les meurtrières, des maisons et des retranchements regardaient aussi menaçants qu’avant, et comme avant, les canons enlevés de leurs avant-trains restaient braqués les uns contre les autres.