Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/42

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Dieu, je vous en conjure, faites cela pour mon fils, et je vous regarderai comme mon bienfaiteur — ajouta-t-elle hâtivement. — Non, ne vous fâchez pas, mais promettez-moi… Je me suis adressée à Golitzine, il a refusé. Soyez le bon enfant que vous avez été, — ajouta-t-elle en s’efforçant de sourire, tandis que ses yeux s’emplissaient de larmes.

— Papa, nous serons en retard, — dit la princesse Hélène, qui attendait à la porte et tournait sa belle tête sur ses épaules dignes de l’antique.

L’influence dans le monde, c’est un capital qu’il faut garder pour qu’il ne disparaisse pas. Le prince Vassili savait cela et comprenait que s’il intervenait pour tous ceux qui le sollicitaient, alors bientôt, il ne pourrait rien demander pour lui-même, et il usait très rarement de son influence. Dans le cas de la princesse Droubetzkaia, il sentit à son appel comme un remords de conscience. Elle lui rappelait la vérité : ses premiers pas dans le service il les devait à son père. En outre, il vit à sa façon d’agir que c’était une de ces femmes, surtout de ces mères, qui une fois qu’elles ont mis quelque chose dans leur tête, ne s’en iront pas avant qu’on ait satisfait à leurs désirs, et dans le cas contraire, sont prêtes à revenir à la charge chaque jour, à chaque moment et même à faire des scènes. Cette dernière considération le fit hésiter.

Chère Anna Mikhaïlovna — fit-il avec sa familiarité accoutumée et avec de l’ennui dans la