Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/427

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XXI

Les régiments d’infanterie attaqués à l’improviste s’enfuyaient de la forêt, et, compagnies mêlées aux compagnies, s’éloignaient en grand désordre. Un soldat prononça avec horreur un mot qui n’a pas de sens mais qui est terrible à la guerre : « Nous sommes coupés ! » et le mot, avec un sentiment d’effroi, se communiqua à toute la masse.

— Cernés ! coupés ! perdus ! — criaient les voix en panique. Dès que le commandant du régiment entendit la fusillade et les cris, il comprit que quelque chose de terrible arrivait à son régiment ; et la pensée que lui, l’officier modèle qui servait depuis de longues années, sans aucun reproche, pourrait être, devant son chef, coupable de négligence ou de manque d’ordre, le frappait tellement, qu’oubliant, en ce moment, le colonel de cavalerie désobéissant et son importance de général et surtout le danger et l’instinct de la conservation, en empoi-