Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/430

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il ne pouvait pas ne pas faire attention à ce soldat.

— Excellence, voici deux trophées, — dit Dolokhov en montrant l’épée française et la giberne. — J’ai fait prisonnier un officier, j’ai arrêté la compagnie. — Dolokhov soupirait lourdement de fatigue, ses paroles étaient entrecoupées. — Toute la compagnie peut en témoigner. Je vous prie de vous souvenir, Votre Excellence !

— Bon, bon, — dit le commandant ; et il s’adressa au major Ekonomov.

Mais Dolokhov ne s’éloignait pas. Il dénoua le mouchoir, l’ôta et montra le sang collé sur ses cheveux.

— C’est une blessure de baïonnette. Je suis resté dans le rang ; rappelez-le-vous, Excellence !




On avait oublié la batterie de Touchine, et seulement à la fin de la bataille, en continuant à entendre la canonnade au centre, le prince Bagration y envoya un officier d’état-major de service, et ensuite le prince André, pour ordonner à la batterie de reculer le plus vite possible. La couverture qui était près des canons de Touchine au milieu de la bataille, sur un ordre quelconque, s’était retirée. Mais la batterie continuait à tirer et n’était pas prise par les Français, car l’ennemi ne pouvait supposer à quatre canons, que rien ne défendait, l’audace de tirer.