Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/61

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VI

Dans la chambre voisine, on entendit le frôlement d’une robe de femme. Comme réveillé, le prince André se secoua, et son visage prit l’expression qu’il avait dans le salon d’Anna Pavlovna. Pierre ôta ses jambes du divan.

La princesse entra. Elle portait à présent un costume d’intérieur, mais toujours élégant et frais. Le prince André se leva et poliment lui avança un fauteuil.

— Je me demande souvent, — dit-elle en français, comme toujours, et en s’asseyant, avec beaucoup de bruit, dans le fauteuil, — pourquoi Annette ne s’est pas mariée ? Comme vous êtes tous sots messieurs, de ne l’avoir pas épousée. Excusez-moi, mais vous ne comprenez rien aux femmes. Quel disputeur vous faites, monsieur Pierre !

— Oui ; et même je discute toujours avec votre mari. Je ne comprends pas pourquoi il veut aller