Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/65

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Lise ! je vous prie de cesser, — prononça le prince d’un ton encore plus expressif.

Pierre, de plus en plus ému par cette conversation, se leva et s’approcha de la princesse. Il semblait ne pouvoir supporter la vue des larmes et prêt à pleurer lui-même.

— Calmez-vous, princesse. Je vous assure que tout cela vous semble… Je sais moi-même… pourquoi… parce que… Mais excusez-moi, je suis un étranger… Non, calmez-vous… adieu.

Le prince André l’arrêta de la main.

— Non, attends, Pierre, la princesse est si bonne qu’elle ne voudra pas me priver du plaisir de passer la soirée avec toi.

— Non, il ne pense qu’à lui, — prononça la princesse, ne pouvant retenir des larmes de colère.

Lise ! — dit sèchement le prince André en élevant la voix, afin de montrer que sa patience était à bout.

Tout à coup l’expression bestiale, l’expression d’écureuil du joli visage de la princesse fit place à une expression attrayante, excitant la pitié et la crainte ; ses beaux yeux regardaient en dessous son mari, et sur son visage parut une expression timide, celle du chien qui, rapidement, mais à petits coups, agite sa queue baissée.

Mon Dieu, mon Dieu ! — prononça la princesse ; et soulevant d’une main les plis de sa robe,