Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol7.djvu/79

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pour faire contrepoids. Un des valets qui commençait à ramasser les vitres, s’arrêta dans sa pose inclinée, sans quitter des yeux la fenêtre et le dos de Dolokhov. Anatole était debout, droit, les yeux ouverts. L’Anglais, en avançant les lèvres, regardait de côté. Celui qui avait essayé d’arrêter Dolokhov s’éloigna dans le coin de la chambre et s’allongea sur le divan, le visage tourné vers le mur. Pierre se couvrit la figure de ses mains et un faible sourire resta figé sur son visage, bien qu’il ressentît maintenant de l’effroi et de l’horreur. Tous se taisaient. Pierre retira les mains de ses yeux.

Dolokhov était toujours assis dans la même position, seulement sa tête était rejetée en arrière, ses cheveux bouclés touchaient le col de sa chemise, et la main qui tenait la bouteille se levait de plus en plus et tremblait sous l’effort. La bouteille se vidait sensiblement en même temps que la tête se renversait de plus en plus. « Pourquoi est-ce si long ? » pensa Pierre. Il lui semblait que plus d’une demi-heure s’était passée. Tout à coup, Dolokhov fit un mouvement du dos et sa main trembla nerveusement. Ce tremblement aurait pu faire glisser tout le corps qui était sur le rebord en pente ; sa main et sa tête tremblèrent davantage sous les efforts qu’il faisait pour se retenir. Une main se leva pour saisir l’embrasure, puis s’abaissa. Pierre referma les yeux et se promit de ne plus regarder. Tout à coup, sentant que les assistants s’agitaient,